• LES VIOLENCES FAITES AUX ENFANTS

    SOMMAIRE

    ▶️ Les chiffres

    ▶️ Les différentes formes de violences : harcèlement, maltraitance et violences conjugales

    ▶️ Les conséquences des violences sur les enfants

    ▶️ Comment agir ?

    ▶️ Sources

    Dernière mise à jour de la page : 20-01-2023 (corrections en cours)

  • Nous sommes toutes et tous concerné.es par les violences faites aux enfants car ils devraient avoir le droit de grandir dans un environnement sécurisé. Les enfants sont exposés aux violences et elles peuvent arriver dans divers endroits : chez eux, à l’école, en communauté ou bien en ligne. Quelle que soit leur forme, les violences ont de graves conséquences et ce, à long terme.

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    Les chiffres

    En 2018, 122 mineurs ont été victimes d’infanticide, dont 80 dans le cadre intrafamilial.

    La même année, 23 560 plaintes ont été déposées pour des violences sexuelles sur mineurs.

    Dans le monde, c’est 275 millions d’enfants qui ont été témoins d’actes de violence en famille, ce qui constitue un motif de souffrance et peut avoir des conséquences négatives pour leur avenir.

  • Les formes de violences

    Source : Ministère de la Santé et de la prévention

    LES VIOLENCES PHYSIQUES

     

    L’usage de la force ou de la violence contre un enfant, de telle sorte qu’il soit blessé ou risque de l’être (frapper, mordre, brûler, empoisonner, droguer ou inciter à consommer des substances dangereuses, étouffer, étrangler, secouer, bousculer, noyer…).

     

    LES VIOLENCES PSYCHOLOGIQUES :

     

    Les insultes, les propos dénigrants, les humiliations, les menaces, les intimidations, etc.

    LES VIOLENCES SEXUELLES

     

    Regroupent le viol, mais également tous les actes à connotation sexuelle imposés aux enfants.

    Les agressions sexuelles (toutes atteintes sexuelles commises avec violence, contrainte, menace ou surprise). Les mutilations sexuelles, la prostitution de mineurs, la pédopornographie et la corruption de mineurs (c’est-à-dire le fait de le rendre témoin d’actes ou d’images à caractère sexuel : masturbation, relations sexuelles, pornographie, etc.)

  • Les types de violences

    Source : Ministère de la Santé et de la prévention

    LE HARCELEMENT

    Selon le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, l’harcèlement est défini comme étant une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. L’harcèlement peut se produire dans divers endroits mais il est davantage connu dans le milieu scolaire.

    A l’école, un ou plusieurs élèves peuvent insulter, menacer, bousculer, envoyer des messages injurieux à répétition. L’harcèlement en milieu scolaire a 3 caractéristiques : la violence (il existe un rapport de force ou de domination), la répétitivité de ces agissements, enfin, l’isolement de la victime. Ce phénomène se fonde sur le rejet de la différence et sur la stigmatisation selon l’apparence physique, l’handicap, le sexe... L’harcèlement est d’ailleurs favorisé par le développement des outils numériques. En effet les réseaux sociaux facilitent l’émergence de ce type de violence.

    LA MALTRAITANCE

    Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) « La maltraitance de l’enfant s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ ou affectifs, de sévices sexuels, de négligence ou de traitement négligent, ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. »

    LES NEGLIGENCES :

     

    Priver l’enfant des éléments indispensables à son bon développement et à son bien-être (privations de nourriture, de sommeil, de soins, d’attention…)

     

    La négligence peut ne pas être intentionnelle, mais elle met en danger l’enfant : elle entre donc dans le champ de la maltraitance et doit être signalée.

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    Violences conjugales : impact sur les enfants ?

    Dans le monde, 143 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré être victime de violences commises par son conjoint ou son ex-conjoint, qu’elles soient physiques et/ou sexuelles. (pas de chiffres officiels pour les violences psychologiques et/ou administratives).

     

    En 2014 la France à signé la convention d’Istanbul reconnaissant ainsi que les enfants témoins de violences conjugales SONT victimes de ces violences même si il n’y a pas de violences direct sur eux.

     

    En effet, les enfants qui entendent ou assistent à des scènes de violences entre leurs parents (ou dans lesquelles au moins un de leur parent est concerné) sont considérés comme victimes.
    Ils peuvent être victimes directes (s’ils sont eux-mêmes frappés, insultés, harcelés, humiliés, menacés) ou victimes indirectes lorsqu’ils sont exposés.

    Ces violences peuvent se prolonger au-delà de la séparation des parents.

  • Les conséquences des violences sur les enfants

    Les violences entraînent des souffrances pour les enfants et leurs familles et peuvent avoir des conséquences graves à long terme.

    L'OMS défini la santé comme "un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.". La Constitution de l'OMS ajoute que : "Le développement sain de l’enfant est d’une importance fondamentale ; l’aptitude à vivre en harmonie avec un milieu en pleine transformation est essentielle à ce développement.". Or, les violences faites aux enfants engendrent un stress extrême qui peut affecter le développement du système nerveux et immunitaire, générant un risque de nombreuses problématiques de santé.

    🫀La santé physique : Les enfants ayant subi des maltraitances sont plus suceptibles de développer des problèmes pulmonaires, cardiovasculaire, des problèmes de vision mais aussi du diabète par exemple . Nous retrouvons également un impact de l'exposition aux violences dans le développement de l’enfant, notamment le développement précoce du cerveau.

    🧠La santé mentale : L'apparition de certains troubles psychologiques comme le trouble de stress post traumatique, les troubles dépressifs et anxieux, les troubles de l'usage de substance mais aussi les psychoses et troubles de la personnalité peut être favorisée voire découlée des violences subies dans l'enfance.

    👨🏽‍👩🏻‍👧🏼‍👦🏾 La santé sociale est définie par Keyes (1998) comme « l’évaluation subjective de la qualité de ses relations avec les autres et avec la société dans son ensemble. Elle se compose de cinq dimensions détaillées sur le visuel ci-dessous. Une bonne santé sociale reflète la capacité à s’insérer dans la société, à donner un sens à sa participation sociale et à entretenir des relations positives. ». Cet impact de la santé sociale va avoir des conséquences sur les performances scolaires des enfants victimes, sur leurs relations à l'école et, à termes sur leur carrière socioprofessionnelles en impactant leur motivation et productivité.

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    L'exposition à la violence conjugale

    Les violences conjugales ont des conséquences sur le fonctionnement des enfants. Ils présentent souvent des troubles de l’adaptation (phobies scolaires, angoisse de séparation, hyperactivité, irritabilité, difficultés d’apprentissage, et des troubles de la concentration). De plus, ils ont 10 à 17 fois plus de risques de développer des troubles du comportement que des enfants qui se trouvent dans un foyer sans violence. Un jeune délinquant sur deux a vécu dans un milieu familial violent dans l’enfance. L’enfant qui assiste à des violences est confronté à leur effet désocialisant et le risque de reproduction des comportements violents est largement augmenté.


    De plus, les violences conjugales ont des conséquences sur la construction identitaire des enfants. Cette dernière sera fondée sur des convictions stéréotypées concernant les femmes et les hommes.

    L’enfant qui grandit dans un climat d’insécurité développe une grande détresse face aux violences et celles-ci provoquent une perte d’estime de soi. Face à la menace et la peur de perdre un de ses parents ou d’être abandonné voire tué, il ressent l’incompréhension et une grande impuissance.

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    Quel coût pour la société ?

    On parle de coût sociétal des violences faites aux enfants car ces actes ont des répercussions bien au-delà des seules victimes : ils affectent l’ensemble de la société.

    Pourquoi ? Les conséquences psychologiques, médicales, éducatives et économiques des maltraitances entraînent des besoins accrus en soins de santé, en accompagnement social, en justice et en éducation spécialisée. Elles se traduisent également par une perte de productivité, des difficultés d’insertion professionnelle, une hausse du chômage et un risque de reproduction des violences.

    La CIVIISE estime en 2023 à 9,7 milliards d'euros par ans le coût des violences sexuelles faites aux enfants dans un rapport publié en juin 2023. Ce rapport évalue à 3 milliards d'euros les dépenses immédiates dûes à la prise en charge des victimes et à 6,7 milliards d'euros les dépenses à long termes : troubles mentaux, dépenses médicales, conduites à risques, perte de productivité.

    Santé Publique France estime en 2016 (basé sur des chiffres datant de 2012) que le coût sociétal des violences conjugales en France est de 3,6 milliards d'euros. Sur ce chiffre, 11,7 % des dépenses seraient directement liées aux répercussions des violences conjugales sur les enfants.

    Enfin, une étude plus récente menée par la revue scientifique The Lancet en 2021 évalue le coût global des violences faites aux enfants (tous types de violences confondus) en France à 38 milliards d'euros.

    Ainsi, les violences faites aux femmes et aux enfants ont un impact indéniable sur le développement économique et social d’un pays.

  • Comment agir ?

    Source : Service Public

    Toute personne témoin ou soupçonnant un enfant en danger ou risquant de l'être doit signaler les faits. La non-dénonciation d'une situation de maltraitance dont on a connaissance peut être punie de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende. Il peut s'agir d'un particulier ou d'un professionnel (assistante sociale, médecin...).

    L'enfant peut également signaler lui même sa situation ou celle d'un autre enfant qu'il connaît.

    Si vous êtes victime ou si vous avez connaissance d'une situation de maltraitance d'un enfant :

    • vous pouvez appeler le 119. En appelant ce numéro, vous pourrez trouver de l’aide pour mieux repérer les enfants en situation de danger les signaler, mais également être écouté et entendu pour toutes situations sur le sujet.
    • Vous pouvez également contacter les services du département : aide sociale à l'enfance (ASE) ou cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip).
    • De plus, des unités d’accueil et d’écoute Pédiatriques (UAPED) sont déployées sur l’ensemble du territoire.
    • Il est possible de se rendre sur le site jeprotegemonenfant.gouv.fr pour lutter contre l’exposition des mineurs à la pornographie.
    • Vous avez également la possibilité de contacter les services d’urgence.

    Pour les cas d'une exceptionnelle gravité (maltraitance ou violences sexuelles par exemple), il est possible de s'adresser directement, par courrier, au procureur de la République. À titre exceptionnel, le juge des enfants peut également intervenir, de lui-même s’il l’estime nécessaire.

    Pour les protéger au mieux, il est important que tout le monde soit engagé dans le combat contre les violences faites aux enfants. La formation des équipes éducatives ainsi que la sensibilisation des parents et des enfants eux-mêmes sont primordiales.

    Informez-vous sur les ateliers que nous proposons dans les écoles primaires en cliquant ici

  • Pour aller plus loin :

    - Cliquez ici pour télécharger la fiche mémo complète de la HAS "Maltraitance chez l’enfant : repérage et conduite à tenir" (MAJ juillet 2017)

    - Cliquez ici pour consulter les Conclusions intermédiaires de la CIIVISE - Commission Indépendante sur l'Inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (MAJ mars 2022)

    - Retrouvez ici le rapport de la CIVIISE intitulé "le coût du déni" (MAJ avril 2024)

    - En savoir plus sur l’ampleur des violences au sein de la famille : consulter l'étude " Sécurité et société / violences au sein de la famille" faite par l'INSEE en 2021. Cliquez ici

    - En savoir plus sur l'action politique :

    * "Plan de lutte contre les violences faites aux enfants : 2 ans après" (janvier 2022)

    * Rapport du Sénat sur les infanticides (mai 2019)

    * Mission sur les morts violentes d’enfants au sein des familles Évaluation du fonctionnement des services sociaux, médicaux, éducatifs et judiciaires concourant à la protection de l’enfance (2018)

    - L'OMS donne son analyse au niveau mondial : Maltraitance des enfants (who.int) (septembre 2022)

    - La Constitution de l'OMS citée plus haut : Constitution (MAJ avril 2024)

    - Violences conjugales: l'impact des violences conjugales sur les enfants (violencesconjugales-enfants.fr)

    Quelques vidéos :

    - https://positivr.fr/dans-ce-court-metrage-percutant-les-violences-conjugales-sont-vues-a-travers-le-regard-dun-enfant/?utm

    - articles de Murielle Salmona : https://www.memoiretraumatique.org/violences/violences-faites-aux-enfants.html